Je ne cherche pas le parfum parfait. Je cherche le vôtre.
On porte du parfum pour mille raisons, et toutes sont légitimes. Pour un coup de cœur qu’on ne s’explique pas. Pour le plaisir simple d’une belle odeur. Parfois pour séduire, pour offrir à l’autre quelque chose de sensuel. En sachant très bien que ce flacon-là ne nous ressemble pas forcément, mais qu’il plaira. Tout cela est juste, et je ne suis pas là pour le juger.
Mais il existe une autre façon de vivre le parfum, plus intime, et c’est celle qui m’intéresse vraiment. Un parfum peut dire quelque chose de vous sans qu’un mot soit prononcé, une émotion, une humeur, une manière d’être au monde. C’est aussi un fil tendu vers la mémoire : une odeur peut vous ramener en quelques secondes à une enfance, à un lieu, à un visage. Rien d’autre, dans le domaine des sens, ne fait cela aussi vite. C’est ce parfum-là que j’aime chercher avec les gens : celui qui ne se contente pas de plaire, mais qui leur ressemble.
Je ne suis pas un nez professionnel, et je ne prétends pas l’être. Je suis un passionné — autodidacte, curieux, obstiné. Mon nez, je l’ai formé à la dure : en écumant les parfumeries de Bordeaux puis de Paris, comptoir après comptoir, à sentir, comparer, recommencer. À revenir vers un flacon des dizaines de fois avant de comprendre ce qu’il racontait. À discuter pendant des heures avec des conseillers, des passionnés, des indépendants qui m’ont ouvert des portes. Cette connaissance-là ne tient pas dans un diplôme. Elle s’est construite à l’odorat, à la patience, et à une forme d’entêtement heureux
C’est pour cela que tout commence par vous, jamais par les flacons. Avant de parler de notes, de familles ou de maisons, je cherche à comprendre qui vous êtes. Ce que vous ressentez, ce que vous voulez exprimer, ce que vous n’arrivez peut-être pas encore à formuler. Car les gens savent souvent ce qu’ils pensent aimer — pas toujours ce qui les habite vraiment. Quelqu’un peut se croire fait pour les fleurs et trouver sa peau dans un boisé sombre. Mon rôle est d’aller derrière les goûts déclarés, jusqu’à ce qui vous appartient en propre.
C’est aussi pour cela que je travaille surtout la parfumerie de niche. Non parce qu’elle serait supérieure — elle ne l’est pas — mais parce qu’elle ose un point de vue, prend des risques, refuse de plaire à tout le monde. C’est un terrain plus fertile pour trouver un parfum vraiment singulier. Un parfum identitaire, qui ne ressemble à personne d’autre parce qu’il vous ressemble à vous. Mon accompagnement n’est pas une vente. C’est une introspection autant qu’une découverte de soi. Je ne cherche pas à vous convaincre : je cherche à vous faire trouver. Et le bon parfum, à la fin, c’est souvent celui qui s’impose comme une évidence — comme si, au fond, il vous attendait.